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01.08.2005

F*** you all, we're back !


Chers lecteurs, royalistes, Frontistes, gauchistes, Mrapistes et autres machins,


 


Comme vous le constatez, nous sommes de retour, une fois de plus, en dépit des machinations et autres complots politico-judiciaire qui ne cherchent qu'à faire taire la voix de la France que nous représentons. Nous revenons après un long silence, et nous vous demandons humblement de bien vouloir nous pardonner pour ces mois durant lesquels nous avons dû vous manquer (et comme nous vous comprennons ...).


Ce silence n'est en aucun cas le fruit d'une oisiveté des rédacteurs C&Riens, qui se démènent comme des diables pour faire entendre la vérité à qui veut y prêter l'oreille. Oh non, nous n'avons pas été passifs comme de petits bobos pourris-gâtés glandant sur l'asphalte sablé des puantes plages parisiennes. Nous n'avons pas voyagé aux antipodes, nous n'avons pas écumé les bars à putes de la rue de Solférino ni les bordels de la rue du Faubourg St-Honoré. Nous avons travaillé.


Nous nous sommes d'abord épuisés dans la campagne pour le référendum du 29 mai dernier qui, comme chacun sait, s'est terminé par un grand coup de pied au cul rougi de la classe politique française au pouvoir. Nous avons milité et re-milité pour le "Rien à péter" à la question qui nous était posée, concernant un texte abscons que personne (pas même les responsables politiques) ne s'était fait chier à lire. Nous avons d'ailleurs laissé des plumes dans un grand débat idéologique interne (car C&R est un grand club démocratique) concernant ce référendum, pour savoir si le kir du 29 mai au soir serait au Kassis ou à la Framboise (le K6 l'emporta de peu, kir royal oblige).


Nous nous sommes également et surtout plongés dans une grande introspection freudienne. En effet, bon nombre d'entre nous ressentent comme une injustice de ne pas être aimés de certains de leurs voisins de palier qui n'apprécient pas les Requiems du 21 janvier et du 14 juillet, et la plupart des C&Riens vivent très mal la haine et les préjugés dont font preuve à leur égard un certain nombre de "français de souche" chevelus, camés et sales, adhérents de partis et autres loges sectaires et tenants de la discrimination raciale et politique. Ce sentiment de rejet nous mena à une grande analyse collective durant laquelle nous mîmes en commun notre mal de vivre et découvrîmes, outre les joies du passé simple irrégulier, que nous étions à la source de ce rejet. Aussi décidâmes-nous 1° de ne plus utiliser le passé simple, et 2° de changer de discours. Et la thérapie fonctionna.


Quelle joie, en effet, que de voir le monde sous un autre jour ! Là où nous étions habitués à nous plaindre de tout, à geindre comme des chiens battus, voilà que nous découvrons les délices de la joie et les nectars de l'espoir. Par exemple, la plupart d'entre nous regardait le 14 juillet, anniversaire de la première amnistie républicaine, comme un jour de deuil. Eh bien, croyez le ou pas, mais cette année, nous avons été les premiers à allumer des pétards ce jour-là ! Et quel pied, de voir comme nous communiions avec nos amis les Chances-pour-la-France ! Unis dans un même orgasme collectif, nous avons célébré de concert la prise de la prison parisienne tristement célèbre pour être le symbole de l'arbitraire royal.


Certes, les méthodes différèrent. Nous allâmes assister au grand feu d'artifice donné par la Mairie de Nantes, alors que nos nouveaux amis organisèrent leurs propres illuminations nocturnes en incendiant à qui-mieu-mieu les véhicules stationnés sur les trottoirs, symboles haïssables du capitalisme apatride triomphant, à l'exception notable de ceux qui arboraient un chapelet (musulman) au rétroviseur ou un Q'ran sur la plage arrière. Quel beau spectacle, ces rues illuminées, ces lumières tournoyantes, ces véhicules des sapeurs-pompiers qui se mélaient au bal et que l'on accueillait de caillous et de youyous exotiques du plus bel effet ! Quelle chorégraphie automobile inoubliable ! Jeux de lumières, jeux de fumées, du son et des images plein les oreilles, voilà un exemple culturel propre à dynamiser les banlieues du 9-3 ! Bobigny et la Courneuve concourrent au titre de "ville mondiale de la culture 2005", couronnées par les sirènes de la renommée !


Autre effet secondaire de notre thérapie de groupe, nous nous dévergondâmes. Alors que nous regardions la Chôse comme un pêché, un fruit défendu, nous nous mîmes à tenter de nouvelles expériences, et assistâmes, hebétés, au spectacle de ces Chances-pour-l'Angleterre qui, narguant les bonnes moeurs de l'ultralibéralisme londonien d'un pied de nez narquois, se firent sauter au vu de tous dans les transports en commun de Londres le 7 juillet. Sans doute pour protester contre l'attribution des jeux olympiques à Londres, alors que la candidature parisienne était beaucoup plus ... gay.


Bref, je pourrais multiplier les exemples de ces nouvelles expériences que nous ne pouvions goûter auparavant et que nous pratiquons désormais pour racheter notre âme, mais ce serait trop long, et surtout l'essentiel n'est pas là.


L'essentiel, c'est que nous sommes de retour. Modestement, certes, sous forme d'un blog dont les couleurs rappellent furieusement les heures les plus sombres de l'art-déco des années 60. Ce n'est pas un hasard : les sixties se terminèrent en 1968, notre nouvelle année fétiche. Les sixties, c'est Woodstock, c'est le Ché, c'est l'OAS, c'est Khrouchtchev, c'est James Bond contre Docteur No, c'est la mort du Général ! Autant d'évènements que résument nos nouvelles couleurs, noir-orange-rouge.


Noir pour la repentance. Nous sommes décidés, désormais, à expier nos fautes une bonne fois pour toutes. Oui, la monarchie, c'était pas cool, c'était des impôts hyper-lourds, des punitions corporelles et un contrôle des esprits pas démocratique. Oui, la colonisation, c'était l'exportation des noirs par les blancs et nous nous en repentirons éternellement. Oui, les heures-les-plus-sombres furent bien les plus sombres. Oui, la guerre en Irak était moche. Oui, le tsunami, c'était nous aussi.


Orange, parce que c'est cool entre noir et rouge.


Et rouge, parce que, décidémment, le communisme merdocratique est l'avenir de la France, à défaut d'être l'avenir de l'espèce humaine. Chaque jour, on s'en rend compte un peu plus. Chaque journal télévisé vient nous prouver davantage que la Cinquième république (béni soit son nom) nous sauvera tous des griffes du capitalisme fasciste, de l'impérialisme cryptonazi des sionistes apatrides yankees.


Bref, vous l'avez compris, nous sommes de retour, plus C&Riens que jamais, plus à gauche que toutes les Fédérations Anarchistes réunies. Et comme l'a si bien dit Churchill à la veille du bombardement de Dresde, "ça va chier".


A bon entendeur !


R-A




Commentaires

Que voilà du bon air !!!! Surtout pour les premiers qui ont quitté la réunion des bateaux-mouches en Mai 1968 pour rejoindre la Sorbonne où la question était enfin d'étrangler la gueuse !!! Vive le Roy !!!
Amicalement.
JP

Ecrit par : Besson | 16.08.2005

Le C&Rien n'a pas son pareil pour conjuguer le Passé simple et le Plus-que-parfait... le trône et l'autel.

Ecrit par : Prodeo | 21.08.2005

Je lève mon verre, par dessus la carafe :

A Dieu ! au Roi ! et à nous !

Ecrit par : Maguelone | 22.02.2006

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