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21.08.2005

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME...

LE PROGRAMME EN QUELQUES SIÈCLES

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l'Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l'Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l'Esprit de Vérité
Au nom de l'Esprit critique,
Puis on supprimera l'esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l'Art,
Puis on supprimera l'art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera les Hommes du Feu
Au nom des Eclairés
Puis on supprimera les éclairés.

On supprimera l'Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.


AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME ;
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L'HOMME ;
IL N'Y AURA PLUS DE NOM ;


NOUS Y SOMMES.

Armand Robin Les Poèmes Indésirables
http://armandrobin.org/txtpi.html

19.08.2005

Evangile selon Saint Zizou-Christ, version abrégée.


Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Il n'y avait alors rien d'autre, et l'esprit de Dieu flottait au-dessus de l'eau. Dieu dit : "Que la lumière soit !" Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Dieu dit : "Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux". Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi. Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le second jour.

Dieu dit : "Que le sec paraisse". Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres des fruits. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence, et des arbres des fruits. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le troisième jour.

Dieu dit : "Qu'il y ait des lumières dans le ciel." Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grandes lumières, la grosse pour le jour, et la petite pour la nuit; il fit aussi les étoiles. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.

Dieu dit : "Que les eaux produisent en abondance des poiscailles, et que des piafs volent sur la terre vers l'étendue du ciel". Dieu créa les grands poiscailles et tous les autres animaux vivant dans la flotte ; il créa aussi les piafs. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.

Dieu dit : "Que la terre produise des bestioles". Et cela fut ainsi. Dieu fit des bestioles. Dieu vit que cela était bon.

Puis Dieu dit : "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poiscailles de la mer, sur les piafs du ciel et sur les bestioles". Dieu créa l'homme à son image.

Mais Dieu vit que l'homme glandait, paumé tout seul sur sa grande terre, sans personne pour aller lui chercher sa bière et pour repasser ses t-shirts. Alors Dieu créa la gonzesse. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : "Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre". Et Dieu dit : "Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture". Comme ils ne comprenaient pas, Dieu leur dit : "Baisez, bouffez et débrouillez-vous". Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour.

Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et tout le toutim. Dieu acheva au septième jour son oeuvre : et il se reposa au septième jour. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, et créa ainsi le premier congé payé.

Après, Dieu envoya des prophètes sur la terre pour rappeler aux hommes qu'il existait.

Le premier prophète était un juif barbu, qui fit une course poursuite avec des égyptiens au milieu de la Mer Rouge, grimpa sur une montagne, en redescendit avec des lois, cassa les lois et disparut dans un désert. Ce fut le premier prophète.

Le second prophète était aussi un juif barbu, qui fit des miracles, ressuscita des morts, rendit la vue à des aveugles, guérit des malades. Mais comme le président avait peur de lui, parce qu'il risquait de prendre une pâtée aux élections, il le fit crucifier. Le prophète ressuscita au bout de trois jours, puis monta au ciel. Ce fut le second prophète.

Le troisième prophète était aussi barbu mais pas juif du tout puisqu'il était arabe. Il pillait des caravanes de chameaux et tuait des femmes et des enfants. Ce fut le troisième prophète.

Il y eut pas mal d'autres prophètes, en fait, mais plus personne ne s'en souvient, et comme ils avaient pas assez la tchatche, tout le monde se tapait de ce qu'ils racontaient.

Dieu vit qu'après toutes ces années et tous ces prophètes gâchés pour rien, les hommes se mettaient de plus en plus sur la figure. Dieu hésita, faillit jeter la terre, le ciel, les poissons, les arbres et tutti quanti dans Sa poubelle. Mais Dieu, dans son immense miséricorde, donna aux hommes un nouveau prophète, le prophète qui signe de deux Z qui veulent dire Zinedine Zidane.

Et Dieu apparut en songe à Zidane et lui dit : "D'abord, tu chausseras tes chaussures crantées Adidas. Puis tu marqueras trois buts, ni plus, ni moins. Trois sera le nombre de buts que tu marqueras, et le nombre de buts sera trois. Quatre buts tu ne marqueras pas, ni deux, sauf pour passer de un à trois. Cinq buts est hors de question. Une fois le nombre de trois buts atteints, tu porteras la coupe et le salut de la France et de l'humanité sur tes épaules."

Et Zidane marqua trois buts. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut une sacrée troisième mi-temps.

Et Zidane prit son maillot et dit : "Prenez et achetez en tous, car ceci est le maillot de la victoire, la victoire nouvelle et éternelle qui sera célébrée pour vous et pour la multitude dans la France black-blanc-beur." Et il dit aussi : "Vous trouverez cela chez tous les revendeurs Adidas agréés".

Et Dieu dit : "Tu suivras le numéro 10, le nombre du succès, et tu seras sauvé. Qui suivra le numéro 10 trouvera la vie éternelle. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui chaussent leurs baskets et marquent des buts ! Mort aux fascistes, aux capitalistes, aux intolérants et aux défaitistes ! Amen ! Viens, Seigneur Zizou ! Que la grâce du Seigneur Zizou soit avec tous !"

 

Trouvé sur le Web : http://tchernobyl-big-band.hautetfort.com

15.08.2005

Famine sahélienne: une réflexion iconoclaste ! - par Némo

Le sahel est la zone péridésertique qui marque la transition entre le domaine purement désertique et la zone de colonisation herbacée (en Afrique : les savanes).

Les déserts sont structurellement des zones de répartitions tropicales.

Ils existent aussi bien dans l'hémisphère nord que l'hémisphère sud et les plus désolés ne sont pas nécessairement ceux associés comme le Sahara au tropique du Cancer…

En Afrique du Sud (kalahari), en Amérique du Sud (Atacama) ou en Australie, on trouve des situations analogues où les carences pluviométriques sont pires.

Notre culture, la proximité géographique, la colonisation, nous ont conduit à être plus sensibilisés par les problèmes sahariens que par les autres, mais c'est en soi une grande injustice.

Il semble que le régime des précipitations en zones tropicales soit lié au phénomène de précession des équinoxes et de ce fait obéisse au fameux cycle de vingt six mille ans qui est celui de la rotation de l'axe de la terre…

Ceci explique pourquoi la désertification est cyclique, on en a des preuves historiques claires : ainsi, les savanes remontaient beaucoup il y a trois ou quatre mille ans, ce qui explique la présence courante d'éléphants à Carthage (si bien utilisés par Hannibal pour terroriser les Romains) ou en Nubie…il y a encore moins de trois mille ans !

Le sphinx de Ghizée, qui n'est pas une statue mais un monolithe dégagé du plateau et façonné dans la masse porte des traces très visibles d'érosion hydrogéologique… ce qui, au passage, pose un nouveau problème quant à sa réalisation repoussée de ce fait de plus de six mille ans, bien avant la civilisation pharaonique, mais c'est une autre histoire…

Très tôt dans l'histoire, les peuples de la zone sahélienne comprirent et s'adaptèrent par le nomadisme à ces zones inhospitalières où seules les périodes de précipitations permettaient l'apparition d'une végétation éphémère.

Ce nomadisme interdisait toute pratique culturale qui implique la sédentarité : ils se cantonnèrent donc dans l'élevage.

Ce mode de vie conditionnait aussi la limitation des populations à ces faibles ressources environnementales : disons en moyenne moins de 10 habitants par kilomètre carré. Mais cet habitus contribue également à la destruction par pâture du faible et éphémère couvert végétal… Et là est le plus grand danger !

Avec la colonisation sont apparus trois fléaux qui ont déstabilisé l'évolution de la population : la vaccination, la fin des guerres tribales et l'interdiction de l'esclavage. Les maladies contribuaient en effet largement à limiter la population en densité, les guerres tribales décimaient les plus turbulents et l'esclavage garantissait un prélèvement constant de quelques dizaines de milliers d'individus par an environ - pas plus, quoique de bons esprits mal informés en disent…Nous n'insisterons pas sur le fait évident que l'esclavagisme africain est un problème strictement endogène africain : les anti-esclavagistes modernes recherchent toujours aussi vainement des causes extérieures, des traces historiques de "bandes armées" venus les capturer - ! D'ailleurs le terme même de "traite" est clair : il s'agit bien de pur commerce. On achète des esclaves aux noirs qui ont asservis…d'autres noirs… Nous avons assisté à une très belle démonstration de la chose lors d'une émission de Thalassa du 13 août consacrée au Bénin (ex Dahomey) où un membre de la famille De Souza - descendants métissés d'un de ces juifs espagnols expulsés par Isabelle la catholique, primitivement partis avec Christophe Colomb pour devenir marchands d'esclaves indien puis "reconvertis" en Afrique au XVIe siècle - expliquait froidement : "Les Africains n'avaient pas l'habitude de vendre leurs esclaves. Ils l'ont fait parce que l'on leur en a demandé : s'il n'y a pas d'acheteur, il n'y a pas de vendeur" (sic !). Le système du "placement" d'enfants abandonnés à des familles contre argent (forme moderne de la chose), bien qu'aboli lors de la période coloniale, continue toujours, mais à une moindre échelle il est vrai. Pourtant voici deux ans, la Croix Rouge, à grand renfort de publicité, a rapatrié au Ghana 1500 enfants esclaves libérés et rendus à leurs parents…qui pourront donc les revendre une seconde fois, ce qui est tout bénéfice…

Historiquement, dans d'autre pays, d'autres systèmes sociaux limitaient aussi l'explosion démographique, comme l'existence du clergé au Thibet, voire en France qui a compté jusqu'à 30 % de la population, cantonnée ainsi dans le célibat, à la fin de l'ancien régime !

La décolonisation a conduit à la création d'états, sahéliens dans une grande proportion : Mauritanie, Sénégal, Haute-Volta, voire en totalité : Mali, Niger, Tchad, Soudan, etc…

Dans ces pays, on n'a rien eu de plus pressé que de sédentariser les populations pour mieux les diriger : les touareg sont les derniers à faire les frais de cette politique purement interne africaine, soulignons le bien !

Les progrès de la médecine aidant, on voit grimper la densité de population dans des proportions exponentielles complètement disproportionnées avec les capacités du milieu naturel ambiant sensé les faire vivre, surtout selon leurs modes traditionnels.

Le premier résultat est un surpâturage massif qui dégrade totalement les sols et un déboisement généralisé des pauvres épineux locaux (saxaouls ou acacias) qui servent de bois de chauffage : la cuisine est après la vaccination le second fléau moderne de ces zones !

Là sont les réalités : la famine est structurellement endémique dans ces pays et sera d'autant plus récurrente que la population augmentera !

Que l'on ne raconte surtout pas qu'il "suffit d'irriguer le désert", c'est la pire des stupidités: il n'y a que les salades de l'INRA qui "poussent dans l'eau" !

Pour amender une terre désertifiée ou en voie de désertification, il faut d'abord reconstituer un sol : un niveau humique, même de très faible épaisseur, où la microflore et la microfaune pourront se réimplanter, faute de quoi, le sol restera stérile. Il suffit de voir l'environnement radiculaire des plantes de dune pour réaliser que le sable ne suffit pas ! Loin s'en faut ! Les zones irriguées productrices de légumes au Niger par exemple sont des zones desséchées certes, mais où "la terre" n'avait pas encore été totalement balayée par le vent…

Le problème, dans sa globalité, est donc sans solution tant qu'on n'adaptera pas la population en nombre à ce milieu et il suffit d'un déséquilibre hydrique un peu plus accentué une année pour voir des catastrophes comme ce fut le cas en 1976.

Aujourd'hui, dans ces zones proportionnellement surpeuplées, le désert progresse de façon irréversible de 10 à 30 kilomètre par an.

Ces phénomènes sont bien connus, analysés depuis des années…

Dès lors, ou bien on procède à des exodes massifs, volontaires ou non, ce qui a toujours été le cas historiquement, ou bien on limite la procréation.

Reste à savoir si les gouvernements concernés se décideront à prendre les mesures qui s'imposent : une limitation drastique des naissances et une obligation de replantation d'un couvert arboré, seule condition pour limiter l'extension de la désertification.

Dans ce domaine là, les ONG devraient pouvoir faire un travail très utile !

Si on continue à encourager ces populations dans la voie d'un peuplement sahélien massif qui ne peut que dégrader cet environnement déjà très fragilisé, on court à une catastrophe totale !

"Leur donner à manger" est un geste de charité tout à fait compréhensible mais qui ne résout rien et n'est pas porteur d'avenir…

Cela n'apparaît pas très encourageant, mais il faut voir les choses en face : la situation climatique du Kalahari, de l'Australie méridionale ou de l'Atacama est bien pire, et pourtant on n'y observe pas de ces catastrophes humanitaires, tout simplement parce que la densité des population y reste stable et adaptée au milieu en fonction de leur mode de vie…

Némo

12.08.2005

Exit le racisme = exit le boulot...

Le Figaro d'aujourd'hui nous apprend que SOS-Racisme aurait pris en grippe les dirigeants d'hôtels et résidences de vacances du Cap d'Agde, ceux-ci, auraient en effet, osé lancer une consigne qui viserait à la non-acceptation de vacanciers d'origine maghrébine afin d'éviter tous problèmes de casse et de délinquance.

Dominique Sopo, Président de SOS-Racisme, dans un élan de constipation cérébrale a donc décidé de « tester »
ces différents hôteliers en mettant sur pied une petite mise-en-scène en faisant appeler deux personnes : « Le candidat au nom gaulois trouve alors sans difficulté une chambre d'hôtel et un appartement à louer, tandis que le Maghrébin est au même moment éconduit, par téléphone et sur place. »

Ah ! Il y a du racisme dans l'air, certes, mais les chasseurs de discrimination raciale ont-ils seulement pris en compte les antécédents ? Le Figaro nous apprend que « (…) après la saison mouvementée de 1995, où des jeunes beurs venus d'Ile-de-France avaient tout cassé dans la station. (…) » C'est peut-être pour ça que les hôteliers sont devenus réticents à la venue d'une certaine population dans leurs gagne-pains.

En conclusion : Le type qui se lève tous les matins pour gagner sa croûte et qui ose refuser un client d'origine nord-africaine dans son établissement est considéré comme "raciste", nos censeurs ne se préoccupent bien entendu pas de ses convictions véritables, et encore moins d'éventuels problèmes que le brave aurait connu auparavant, pouvant expliquer rationnellement son attitude. Tout refus d'un client non-Européen est considéré comme « raciste » et tout
racisme considéré comme irrationnel. La boucle est bouclée, et elle permet tous les dogmatismes, toutes les diffamations, toutes les interprétations abusives sans lesquelles il serait impossible de militer.

Car n'oublions que sans racisme, c'est sans boulot qu'ils se retrouveront, nos braves clébards de la Bien-Pensance. Normal qu'ils finissent par en voir partout, ou par carrément en inventer. Que dirait-on si les flics en venaient à glisser des sachets de dope dans la poche des passants, afin de justifier leur salaire ? La même chose sans doute que ce qu'on dit de ce soldat du feu, mis en examen dans le Var récemment, pour avoir démarré au moins sept incendies (http://fr.news.yahoo.com/050811/290/4jckg.html).

Sos-Racisme n'est pas grand-chose d'autre, finalement, que l'équivalent politique d'une caserne de pompiers pyromanes. Ne reste plus à espérer que leurs cocktails molotov leur explosent dans les mains.

ART DRISEOC (et un pote qui veut rester anonyme, le bougre)

11.08.2005

Forteresses oubliées...

"Parmi les circonstances exceptionnelles qui seules pourraient miraculeusement vous rétablir sur le trône et qu'évoquent régulièrement vos fidèles à défaut d'autre espérance, reviennent le plus souvent les mots cataclysme, catastrophe, débâcle nationale..."

 

Si vous voulez nous revenir un jour, il vous faut partir d'ailleurs.Il vous faut choisir l'exil."Car votre royaume est double, Monseigneur. Il y a le royaume visible, un peuple et un territoire. Vous n'en êtes plus le roi, vous n'en êtes pas le roi, vous n'en serez sans doute plus jamais le roi. Et il y a le royaume invisible, celui qui n'a ni terres ni frontières, et qui est un élan de l'âme. Celui-là est le fondement de l'autre et c'est pour le moment le seul qui vous reste. Ne le risquez pas dans la cohue et la confusion. Emportez-le avec vous en exil. L'exil est une attitude qui rétablira les distances entre le spirituel et le maté­riel, entre le sacré et le politique, dont vous vous étiez privé en cédant imprudemment au courant commun de la vie. C'est un acte de vrai prétendant, une affir­mation symbolique de souveraineté qui nous rendra l'espérance comme un phare qu'on découvre au-delà de la nuit. D'autres lumières s'allumeront. Des événements pourront survenir, même si ce ne sont pas ceux que l'on attend : vous aurez le choix."

 

«Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l'on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n'assiège plus parce que la vie s'en est allée ailleurs».
Jean Raspail

***

«Alors je me répète lentement, pour bien m'en pénétrer, cette phrase mélancolique d'un vieux prince Bibesco : "La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière"»

Jean Raspail

 

"Il est rare que les mouvements de foule spontanés ne soient pas, en fait, plus ou moins manipulés. Et l'on imagine aussitôt une sorte de chef d'orchestre tout-­puissant, grand manipulateur en chef tirant sur des milliers de ficelles dans tous les pays du monde et secondé par des solistes de génie. Il semblerait que rien n'est plus faux. Dans ce monde en proie au désordre de l'esprit, certains parmi les plus intelligents, généreux ou pernicieux, s'agitent spontanément. C'est leur façon à eux de combattre le doute et de s'échapper d'une condition humaine dont ils refusent l'équilibre sécu­laire. Ignorant ce que réserve l'avenir, ils s'y engagent néanmoins dans une course folle qui est une fuite en avant et, sur leur chemin, font sauter toutes les voies de repli, celles de la pensée, évidemment. Ils tirent chacun les propres ficelles liées aux lobes de leurs cer­veaux et c'est précisément là que réside le mystère contemporain : toutes ces ficelles se rejoignent et pro­cèdent, sans concertation, du même courant de pensée. Le monde semble soumis, non pas à un chef d'orchestre identifié, mais à une nouvelle bête apocalyptique, une sorte de monstre anonyme doué d'ubiquité et qui se serait juré, dans un premier temps, la destruction de l'Occident. La bête n'a pas de plan précis. Elle saisit les occasions qui s'offrent, la foule massée au bord du Gange n'étant que la dernière occasion en date et sans doute la plus riche de conséquences. Peut-être est-elle d'origine divine, plus certainement démoniaque ? Ce phénomène peu vraisemblable, né il y a plus de deux siècles, a été analysé par Dostoïevski. Il l'a été aussi par Péguy, sous d'autres formes, dans sa dénonciation du « parti intellectuel ». Et encore par l'un de nos pré­cédents papes, Paul VI, ouvrant enfin les yeux au déclin de son pontificat et reconnaissant l'œuvre de Satan. Rien n'arrête la bête. Chacun le sait. Ce qui engendre, chez les initiés, le triomphalisme de la pensée, tandis que ceux qui luttent encore en eux-mêmes sont saisis par l'inutilité du combat. Archange déchu, Ballan reconnut aussitôt les serviteurs de la bête et leur offrit ses services. C'est aussi une explication. "

 "Jubilation. Les vrais amateurs de traditions sont ceux qui ne les prennent pas au sérieux et se marrent en marchant au casse-pipe, parce qu'ils savent qu'ils vont mourir pour quelque chose d'impalpable jailli de leurs fantasmes, à mi-chemin entre l'humour et le radotage. Peut-être est-ce un peu plus subtil : le fantasme cache une pudeur d'homme bien né qui ne veut pas se donner le ridicule de se battre pour une idée, alors il l’habille de sonneries déchirantes, de mots creux, de dorures inutiles, et se permet la joie suprême d'un sacrifice pour carnaval. C'est ce que la Gauche n'a jamais compris et c'est pourquoi elle n'est que dérision haineuse. Quand elle crache sur le drapeau, pisse sur la flamme du souvenir, ricane au passage des vieux schnoques à béret et crie « woman's lib ! » à la sortie des mariages en blanc, pour ne citer que des actions élémentaires, elle le fait d'une façon épouvan­tablement sérieuse, «conne » dirait-elle si elle pouvait se juger. La vraie Droite n'est pas sérieuse. C'est pour­quoi la Gauche la hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir. La Gauche est un incendie qui dévore et consume som­brement. En dépit des apparences, ses fêtes sont aussi sinistres qu'un défilé de pantins à Nuremberg ou Pékin. La Droite est une flamme instable qui danse gaiement, feu follet dans la ténébreuse forêt calcinée."

 

Le sujet du Camp des saints est grave. Il s'agit de rien moins que de la fin du monde blanc, sous l'invasion des millions et des millions d'hommes affamés, «sous-développé», qui constituent les trois quart de l'humanité.

Sujet grave et grand sujet, s'il en est. Sujet périlleux pour son auteur, car il faut bien prendre parti. Jean Raspail n'est pas homme à se dérober. Il prend parti, non point contre ces foules de la misère qui, un beau jour, ne peuvent résister à la tentation du «paradis», mais contre ceux qui, dans nos sociétés, publiquement ou en secret, consciemment ou inconsciemment, travaillent à la décomposition, au désarmement moral et spirituel de la civilisation.

On épousera ou on n'épousera pas le point de vue de Jean Raspail. Au moins, le discutera-t-on, et passionnément. Ce qu'il dit est trop important pour n'être pas entendu, pour ne pas bouleverser : c'est peut-être la grande question de demain. Et puis - le Camp des Saints est un roman, ne l'oublions pas - comment, avant de le discuter, n'en être pas touché : touché par l'aventure de cette flotte partie du golfe du Bengale chargée d'«un million de christs» qui fait route vers nos côtes, et touché par les réactions de ceux qui l'attendent, c'est-à-dire, nous tous?

Le Camp des Saints est de ces fictions fulgurantes qui surgissent à l'heure pour éclairer le possible avenir. L'histoire que raconte Jean Raspail, ce qu'il dit, ne cesseront plus de nous hanter.

 

10.08.2005

1795. Les émigrés débarquent à Quiberon pour restaurer la royauté

 

Le 27 juin 1795, sur les plages de Carnac, une flotte à la solde de l'Angleterre débarque 5.400 émigrés venus rejoindre les Chouans de Bretagne. Leur objectif commun : restaurer la monarchie en France. Face à la réactivité et à l'organisation de l'armée républicaine, les Blancs se retranchent rapidement sur la presqu'île de Quiberon après avoir conquis Landévant et Auray. Pris au piège, émigrés et Chouans se déchirent, à l'image de leur commandement. Mais le courage de quelques chefs chouans ne suffit pas à sauver de la répression de nombreux royalistes. Sur les 6.262 personnes arrêtées, 748 sont fusillées. Trois semaines auront suffi à l'armée du général Hoche pour réduire le dessein royaliste en cauchemar. L'Histoire lui a laissé le nom d' «Affaire de Quiberon».

Les événements de Quiberon surviennent alors que la jeune Convention thermidorienne lutte contre les royalistes d'un côté, contre les jacobins de l'autre.
En septembre 1794, le Comte de Puisaye, véritable penseur du débarquement de Quiberon, gagne l'Angleterre pour solliciter l'aide des insulaires. Fort du soutien du comte d'Artois, frère du défunt Louis XVI, il persuade le gouvernement anglais du possible renversement de la République par le soulèvement de la Bretagne rejointe par les royalistes émigrés.
Avec le concours financier et matériel du premier ministre William Pitt, la flotte anglaise s'apprête à débarquer 5.400 hommes armés avec, à leur tête, le comte d'Hervilly. Puisaye, lui, est nommé général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, par le comte d'Artois.
Profitant de l'offre de paix du général Hoche, le chef chouan des Côtes du Nord rend les armes en décembre 1794. La reddition du chef chouan modifie alors la destination du débarquement : il aura lieu en baie de Quiberon.
Dans le Morbihan, 12.000 Chouans guettent les voiles anglaises. Le 17 juin 1795 déjà, une division attaque par surprise une poudrerie républicaine, s'empare de la poudre, et la transforme, en famille, sous la forme de cartouches. Reste à attendre les armes anglaises.

Débarquement réussi

Samedi 27 juin, une escadre de 20 navires assure la protection de 97 bâtiments transportant armes, prisonniers français et royalistes émigrés en Angleterre. Les troupes sont débarquées sur les plages de Carnac.
Pour faciliter leur arrivée, les Chouans dispersent l'armée républicaine à terre. Ils conquièrent d'abord le bourg de Carnac, puis progressent rapidement dans les terres. En quelques jours, les royalistes se rendent maîtres de Sainte-Barbe, Auray, Mendon et Landévant.
Si l'avancée est incontestable, l'obéissance hiérarchique l'est moins. Le lendemain du débarquement, apparaissent déjà les premières divergences au sein des autorités de commandement. Sous les traits des comtes d'Hervilly et de Puisaye s'affrontent les deux frères de Louis XVI : le comte de Provence et le comte d'Artois.
Si d'Hervilly dépend de l'autorité anglaise, Puisaye tient la sienne de la France. Ainsi la distribution des armes amenées par les Anglais aux Chouans pose problème, tout comme la stratégie à adopter. Le 28 juin, les Blancs assistent à deux offices religieux, l'un sur la plage de Légénèse avec Puisaye, l'autre dans le bourg de Carnac avec d'Hervilly. O combien symbolique, ce conflit interne s'amplifie de jour en jour, à l'avantage des républicains.

Réaction républicaine

Dès le 27juin, le général Hoche fait l'inventaire des troupes à Vannes : 2.000 hommes seulement sont à sa disposition. Après de vaines sorties, Hoche reprend Auray et Landévant. Sa progression géographique va de pair avec la croissance de ses effectifs. Dès le 4 juillet, son armée compte 13.000 hommes.
De leurs côtés, les Blancs progressent vers Quiberon. Le 3 juillet, ils s'emparent du fort des sans-culottes, qu'ils rebaptisent aussitôt fort Penthièvre. Mais derrière eux, les républicains regagnent du terrain. Le 6 juillet, Hoche reprend Carnac.
Repoussés malgré eux, les royalistes se replient dans la presqu' île de Quiberon. C'est la panique populaire : des milliers de femmes et d'enfants qui ont cru en la victoire des Blancs suivent les «débarqués». Il faut le courage de quelques chefs chouans pour sauver ces populations de l'avancée des Bleus.
L'inaction des émigrés, sous le commandement de d'Hervilly, provoque la colère de Cadoudal. «Les monstres auraient dû être engloutis dans la mer avant d'être arrivés à Quiberon», lance le chef chouan. Le 7 juillet, les troupes d'émigrés et les Chouans sont piégés sur la presqu' île.

Du soutien venu des eaux

C'est Georges Cadoudal qui redonne espoir aux royalistes. Le 10 juillet, 3.500 Chouans embarquent pour Sarzeau avec l'objectif de gagner les Côtes du Nord pour y constituer une autre armée «blanche» qui surprendrait Hoche sur ses arrières.
Le 15 juillet, un second débarquement de 1.500 hommes à Quiberon, avec Sombreuil à leur tête, confirme l'autorité de Puisaye. Les Chouans multiplient alors les tentatives de sortie du fort Penthièvre, mais en vain. Les désertions du côté royaliste sont de plus en plus nombreuses, tout comme les victimes. Hoche profite alors des «fuites» de l'ennemi pour préparer l'assaut du fort tenu par 4.000 émigrés.

La prise du fort

Les trois colonnes républicaines sont prêtes à attaquer le fort. Ne manque plus que le mot de passe utilisé par l'ennemi pour lancer l'assaut. La nuit du 20 juillet, un déserteur fournit le code à Hoche. Le général donne le départ.
L'orage et le bruit des vagues couvrent les pas des 3.000 hommes qui attaquent le fort par le centre, la gauche et la falaise. Les navires anglais ont beau tirer, la riposte royaliste ne stoppe pas l'entrée des républicains dans le fort.
Conformément aux ordres de Hoche, les soldats royalistes sont massacrés sans pitié. Autour, les villages de la presqu' île sont repris un à un.
Côté Blancs, c'est la désorganisation totale. Puisaye bat le rappel des troupes vers les chaloupes anglaises. Lui-même prend le prétexte de mettre des documents à l'abri pour s'enfuir par la mer. Blessé le 16 juillet, d'Hervilly est évacué sur un bateau anglais. A Quiberon, le comte de Sombreuil tente de résister aux républicains. Femmes et vieillards se jettent à l'eau pour tenter de rejoindre une chaloupe, des Chouans se suicident, d'autres se noient.
Le 21 juillet, la reddition de Sombreuil sonne le glas de l'Affaire de Quiberon. Hoche forme des colonnes de prisonniers, Sombreuil en tête. Le cortège marche sans surveillance vers Auray, où les captifs sont entassés dans les églises.

748 fusillés

La répression de l'armée est implacable. Alors que les conventionnels de Paris tardent à prendre une décision, le directoire départemental demande l'exécution des principaux chefs royalistes à Vannes.
Près de 20 commissions militaires vont siéger pour juger ceux qui ont «servi contre la France». Sur les 6.262 personnes arrêtées, femmes et enfants sont rapidement relâchées.
Le 27 juillet, les 16 premiers condamnés à mort sont fusillés à Vannes, dont Sombreuil. Les exécutions se succèdent à Quiberon, Vannes, Auray et Port-Louis. Au total, 4.245 personnes passent devant les commissions. 74% d'entre elles seront acquittées, et parfois incorporées dans l'armée ou libérées contre des amendes en grains. 6% feront de la détention. Sur le nombre d'exécutés (17%), les émigrés, les nobles et les prêtres ont été les plus touchés.
Reddition ou capitulation, la question reste posée. La parole qu'Hoche aurait donnée à Sombreuil de laisser aux émigrés la vie sauve expliquerait pourtant que les prisonniers ne se soient pas échappés lors de leur transport «peu surveillé» vers Auray.
Quelques mois après l'Affaire de Quiberon, en octobre 1795, la Convention fait place à un nouveau régime, le Directoire. Mais l'insurrection existe toujours dans l'Ouest. Dès le mois d'août 1795, Cadoudal réorganise l'armée des Chouans et poursuit ses actions en Bretagne.

Béatrice Verstraete

Les traces du débarquement et de la répression

Cet épisode, qui démarrait sous les meilleurs auspices pour les royalistes, a tourné au drame. Carnac, Auray, Vannes et Quiberon ont gardé des stigmates du débarquement et de la terrible répression qui s'ensuivit. Des stèles et croix rappellent sur les plages de Carnac et de Quiberon le débarquement des émigrés. Le fort Penthièvre existe bien entendu toujours.
Dès 1795, les lieux d'exécution des émigrés et des Chouans sont appelés «champs des martyrs». 206 royalistes sont exécutés dans les marais de Kerzo, actuel champ des martyrs à Brech.
Sur place, les corps sont à peine ensevelis, si bien que les ossements remontent rapidement à la surface. Grâce à une souscription, la construction d'une chapelle à la Chartreuse d'Auray est entamée dès 1823 en mémoire des victimes royalistes de Quiberon.

Histoires de Bretagne - Supplément du Télégramme

02.08.2005

Parole française


Déclaration de Christian Poncelet, Président du Sénat, deuxième personnage de l'Etat, après sa rencontre avec Fidel Castro :

«Cela a été une rencontre exceptionnelle [...]. Le nom de Fidel Castro est connu dans le monde entier en raison de ce qu'il a fait, de son aventure courageuse, de sa volonté persévérante de libérer son pays. Quand un pays éprouve le besoin de se libérer, n'accepte pas de subir, il ne peut pas ne pas penser à la longue marche de Fidel Castro. Entre Fidel Castro et le Français, il y a un point commun: ce sont deux révolutionnaires, deux rebelles. La visite que j'ai faite ici s'inscrit dans le cadre de l'amitié sincère.»


Quand on vous dit que la France aime les beaux barbus ténébreux...




01.08.2005

F*** you all, we're back !


Chers lecteurs, royalistes, Frontistes, gauchistes, Mrapistes et autres machins,


 


Comme vous le constatez, nous sommes de retour, une fois de plus, en dépit des machinations et autres complots politico-judiciaire qui ne cherchent qu'à faire taire la voix de la France que nous représentons. Nous revenons après un long silence, et nous vous demandons humblement de bien vouloir nous pardonner pour ces mois durant lesquels nous avons dû vous manquer (et comme nous vous comprennons ...).


Ce silence n'est en aucun cas le fruit d'une oisiveté des rédacteurs C&Riens, qui se démènent comme des diables pour faire entendre la vérité à qui veut y prêter l'oreille. Oh non, nous n'avons pas été passifs comme de petits bobos pourris-gâtés glandant sur l'asphalte sablé des puantes plages parisiennes. Nous n'avons pas voyagé aux antipodes, nous n'avons pas écumé les bars à putes de la rue de Solférino ni les bordels de la rue du Faubourg St-Honoré. Nous avons travaillé.


Nous nous sommes d'abord épuisés dans la campagne pour le référendum du 29 mai dernier qui, comme chacun sait, s'est terminé par un grand coup de pied au cul rougi de la classe politique française au pouvoir. Nous avons milité et re-milité pour le "Rien à péter" à la question qui nous était posée, concernant un texte abscons que personne (pas même les responsables politiques) ne s'était fait chier à lire. Nous avons d'ailleurs laissé des plumes dans un grand débat idéologique interne (car C&R est un grand club démocratique) concernant ce référendum, pour savoir si le kir du 29 mai au soir serait au Kassis ou à la Framboise (le K6 l'emporta de peu, kir royal oblige).


Nous nous sommes également et surtout plongés dans une grande introspection freudienne. En effet, bon nombre d'entre nous ressentent comme une injustice de ne pas être aimés de certains de leurs voisins de palier qui n'apprécient pas les Requiems du 21 janvier et du 14 juillet, et la plupart des C&Riens vivent très mal la haine et les préjugés dont font preuve à leur égard un certain nombre de "français de souche" chevelus, camés et sales, adhérents de partis et autres loges sectaires et tenants de la discrimination raciale et politique. Ce sentiment de rejet nous mena à une grande analyse collective durant laquelle nous mîmes en commun notre mal de vivre et découvrîmes, outre les joies du passé simple irrégulier, que nous étions à la source de ce rejet. Aussi décidâmes-nous 1° de ne plus utiliser le passé simple, et 2° de changer de discours. Et la thérapie fonctionna.


Quelle joie, en effet, que de voir le monde sous un autre jour ! Là où nous étions habitués à nous plaindre de tout, à geindre comme des chiens battus, voilà que nous découvrons les délices de la joie et les nectars de l'espoir. Par exemple, la plupart d'entre nous regardait le 14 juillet, anniversaire de la première amnistie républicaine, comme un jour de deuil. Eh bien, croyez le ou pas, mais cette année, nous avons été les premiers à allumer des pétards ce jour-là ! Et quel pied, de voir comme nous communiions avec nos amis les Chances-pour-la-France ! Unis dans un même orgasme collectif, nous avons célébré de concert la prise de la prison parisienne tristement célèbre pour être le symbole de l'arbitraire royal.


Certes, les méthodes différèrent. Nous allâmes assister au grand feu d'artifice donné par la Mairie de Nantes, alors que nos nouveaux amis organisèrent leurs propres illuminations nocturnes en incendiant à qui-mieu-mieu les véhicules stationnés sur les trottoirs, symboles haïssables du capitalisme apatride triomphant, à l'exception notable de ceux qui arboraient un chapelet (musulman) au rétroviseur ou un Q'ran sur la plage arrière. Quel beau spectacle, ces rues illuminées, ces lumières tournoyantes, ces véhicules des sapeurs-pompiers qui se mélaient au bal et que l'on accueillait de caillous et de youyous exotiques du plus bel effet ! Quelle chorégraphie automobile inoubliable ! Jeux de lumières, jeux de fumées, du son et des images plein les oreilles, voilà un exemple culturel propre à dynamiser les banlieues du 9-3 ! Bobigny et la Courneuve concourrent au titre de "ville mondiale de la culture 2005", couronnées par les sirènes de la renommée !


Autre effet secondaire de notre thérapie de groupe, nous nous dévergondâmes. Alors que nous regardions la Chôse comme un pêché, un fruit défendu, nous nous mîmes à tenter de nouvelles expériences, et assistâmes, hebétés, au spectacle de ces Chances-pour-l'Angleterre qui, narguant les bonnes moeurs de l'ultralibéralisme londonien d'un pied de nez narquois, se firent sauter au vu de tous dans les transports en commun de Londres le 7 juillet. Sans doute pour protester contre l'attribution des jeux olympiques à Londres, alors que la candidature parisienne était beaucoup plus ... gay.


Bref, je pourrais multiplier les exemples de ces nouvelles expériences que nous ne pouvions goûter auparavant et que nous pratiquons désormais pour racheter notre âme, mais ce serait trop long, et surtout l'essentiel n'est pas là.


L'essentiel, c'est que nous sommes de retour. Modestement, certes, sous forme d'un blog dont les couleurs rappellent furieusement les heures les plus sombres de l'art-déco des années 60. Ce n'est pas un hasard : les sixties se terminèrent en 1968, notre nouvelle année fétiche. Les sixties, c'est Woodstock, c'est le Ché, c'est l'OAS, c'est Khrouchtchev, c'est James Bond contre Docteur No, c'est la mort du Général ! Autant d'évènements que résument nos nouvelles couleurs, noir-orange-rouge.


Noir pour la repentance. Nous sommes décidés, désormais, à expier nos fautes une bonne fois pour toutes. Oui, la monarchie, c'était pas cool, c'était des impôts hyper-lourds, des punitions corporelles et un contrôle des esprits pas démocratique. Oui, la colonisation, c'était l'exportation des noirs par les blancs et nous nous en repentirons éternellement. Oui, les heures-les-plus-sombres furent bien les plus sombres. Oui, la guerre en Irak était moche. Oui, le tsunami, c'était nous aussi.


Orange, parce que c'est cool entre noir et rouge.


Et rouge, parce que, décidémment, le communisme merdocratique est l'avenir de la France, à défaut d'être l'avenir de l'espèce humaine. Chaque jour, on s'en rend compte un peu plus. Chaque journal télévisé vient nous prouver davantage que la Cinquième république (béni soit son nom) nous sauvera tous des griffes du capitalisme fasciste, de l'impérialisme cryptonazi des sionistes apatrides yankees.


Bref, vous l'avez compris, nous sommes de retour, plus C&Riens que jamais, plus à gauche que toutes les Fédérations Anarchistes réunies. Et comme l'a si bien dit Churchill à la veille du bombardement de Dresde, "ça va chier".


A bon entendeur !


R-A




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