« 2006-02 | Page d'accueil | 2007-05 »

03.03.2006

MARRE DES CALIMEROS POLITIQUES !!!

Comme toute pensée politique qui ne veut pas crever de la sclérose, le discours identitaire évolue sous la pression des événements et des personnalités qui lui donnent vie. La dénonciation du racisme antiblanc y occupe une place toujours plus considérable. C’est compréhensible, dans un contexte où la Haine majuscule est officiellement condamnée, mais où toutes les haines ethniques ne reçoivent pas le même traitement médiatique et moral. Nous avons compris depuis longtemps qu’on peut être le pire des nazis du moment qu’on n’est pas Européen et qu’on ne peut pas être accusé d’antisémitisme. Cette situation est injuste, intolérable et révoltante. Mais la place croissante de cette thématique dans le discours enraciné est déplaisante autant que contre-productive.


Nous luttons nous-mêmes contre le discours dénonciateur, qui voit du racisme partout et qui instrumentalise la mauvaise conscience pour obtenir la soumission des déviants. Espérer mettre l’ennemi dans l’embarras en soulignant ses incohérences est sans espoir car il a pour lui une mauvaise foi à toute épreuve. Cette mauvaise foi lui permet de disqualifier toute critique si elle est formulée par un adversaire (« tu dis ça parce que tu es facho ») ou de la criminaliser si elle provient d’un allié supposé (« tu parles comme un facho »). Nous ne pouvons pas tomber dans un même travers et combattre la merde par la merde. C’est indigne de nous – et largement hypocrite aussi, du moment que l’ethnocentrisme ne nous choque pas fondamentalement. Si nous réclamons le droit de choisir qui sont nos véritables semblables, alors il nous faut aussi assumer le devoir qui va avec : supporter que les Autres nous fassent la gueule ou essaient de nous la démolir. C’est parfaitement désagréable, mais comme on dit, c’est « de bonne guerre ».

L’homme de la rue commence lui-aussi à être gentiment fatigué de la morale citoyenne à base de non-discrimination tous azimuts. Evidemment, il est encore loin du degré de saturation que nous avons atteint, mais le discours de culpabilisation n’obtient plus de lui les mêmes effets formidables qu’il y a vingt ou trente ans. Conséquence de la dépolitisation ambiante, il n’a pas beaucoup plus à foutre de ses Frères Humains que de sa Patrie charnelle. Ce sont deux communautés auxquelles il ne se sent impérativement rattaché par rien de concret. On ne le ralliera pas à notre cause en lui faisant peur par rapport aux menaces du racisme qui le vise. Un tel discours revient à utiliser la même stratégie que les antifas, qui essaient de lui voler son suffrage en l’effrayant par rapport à une vision totalitaire du nationalisme et du fâââââschysme. C’est une méthode qui a fait la preuve de son inefficacité et qui ridiculise celui qui s’en sert.

Rabâcher le racisme anti-blanc, c’est aussi adopter une posture de Caliméro politique et un discours victimaire. C’est justement ce qu’on ne se prive pas de stigmatiser chez le Lobby-qui-n’existe-pas et celui Qui-n’aime-pas-le-cochon. Ce n’est pas en dénonçant les crimes qui sont commis contre les nôtres qu’on va les réveiller. Ceux qui sont ethnomasos seront encore plus crispés, et de toute manière nous n’avons rien à leur dire. Quant à l’immense majorité, qui est plus simplement ethno-indifférente, elle ne va rien comprendre à ces dénonciations, qui évoquent les revendications des sionistes ou des homos militants. Or Monsieur Moyen veut TOUT sauf devenir un militant. C’est un engagement qui suppose beaucoup trop de devoirs, beaucoup trop peu de droits, un bénévolat frustrant, ingrat, et qui met en danger l’intégrité physique autant que la sécurité du salaire. Quiconque s’adresse à un apolitique de la même manière qu’il s’adresse à un militant ne peut que rater sa cible.

Au niveau interne, cette posture de pleureuses mène en plus à une certaine impuissance. Qu’on en juge avec les autres lobbies qui ont recours à cette technique : au moment de passer à l’action, on ne peut plus vraiment les considérer comme des victimes à plaindre, mais comme des gens en colère à craindre. Rien ne se conquiert avec des larmes, il y a un moment où il faut passer à une stratégie de la pression et de la rupture, vis-à-vis de l’extérieur ou de l’Etat, et à un activisme constructif vis-à-vis de ses semblables, qui ne peut être moralisateur ou larmoyant s’il veut obtenir quelque chose de durable. Aucune communauté un peu saine ne se regroupe bien longtemps autour de séance de pleurnicherie collective. Le Devoir de Mémoire, quelqu’il soit, est une chose que l’on impose toujours aux autres : ce qui maintient un groupe vivant et solide, c’est ce qu’il entreprend par lui-même, pas ce qu’il obtient de l’Etat par le chantage affectif.

A propos de l’Etat justement : le discours victimaire s’attaque peut-être officiellement à l’opinion publique, mais jusqu’à nouvel ordre en démocratie, ce sont les médias et l’Etat qui sont les dépositaires de sa mise en œuvre et de sa légitimation. L’activisme des minorités culturelles, religieuses ou sexuelles vise toujours à obtenir des privilèges que seuls le gouvernement ou la presse peuvent leur conférer. Mais qu’avons-nous à attendre de ces entités ?

Nous ne voulons pas avoir droit à une Rubrique Blanche dans les médias, nous voulons une Europe où il n’y ait aucune raison objective de parler d’autre chose, à part la curiosité anthropologique. Nous ne voulons pas de privilèges communautaires concédés par l’Etat, nous voulons des Nations où les formes de gouvernements n’aient pas d’autres populations dont s’occuper à part nous. Nous ne voulons pas nous faire une plus grande place dans le cirque démocratique, nous voulons en être les seuls acteurs et spectateurs. Nous voulons régler tous les problèmes à leur racine. Le militantisme victimaire en est incapable parce qu’il a intérêt à maintenir le statu quo, tout en le modifiant à son avantage particulier.

Recenser un par un les actes de haine anti-blanche ou collectionner les timbres rares, c’est à peu près la même démarche : ça ne parle qu’à une frange minoritaire de passionnés. Le message que nous devons transmettre à nos semblables n’est pas qu’ils ont le droit de se plaindre, mais qu’ils ont le devoir de reprendre le contrôle de ce qui était leurs terres il n’y a pas si longtemps. Nous ne les motiverons pas à se serrer les coudes en leur tirant des larmes. Ils ont au contraire besoin de raisons d’espérer, d’entreprendre, de ne pas renoncer malgré toutes les incitations à la lâcheté, à la mollesse et au conformisme qu’ils se prennent quotidiennement en pleine face.

C’est à chacun d’entre nous de faire de sa vie un exemple de résistance, de cohérence et de rayonnement, pour que la flamme qui brûle en nous propage l’incendie plus loin. Avant d’être des militants, des soldats politiques ou des prétendus Sauveurs de l’Europe en ruines, nous devons d’abord être des hommes et des femmes qui irradient leur entourage direct, sans rien en attendre, sans chercher à convaincre ou à convertir, surtout sans flatter chez ceux qui nous sont chers la bassesse que nos ennemis exploitent depuis des décennies. Avec sur nos lèvres le sourire tranquille de celui qui sait où il va, et le majeur toujours levé dans la gueule de ceux qui veulent nous faire plier, soyons simplement fiers de ce que nous sommes !

Copyright C&R 2006